Combien de drames encore...

Publié le par urs cgtr

Largement médiatisé, le suicide d'une professeure de mathématiques à Béziers lève le voile sur une réalité. Si l'on se souvient en effet de l'émotion légitime causée par les suicides au travail chez France Télécom, révélateurs d'un management "marche ou crève", avec l'Éducation nationale, on change d'échelle. En effet, selon la Fédération CGT de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture (Ferc-CGT), quelque 40 à 50 suicides ont lieu tous les ans sur le lieu de travail dans l'Éducation. Tous ne font pas, loin s’en faut, l’objet d’une reconnaissance en accident de travail. Le point commun entre ce drame et tous les autres, c'est la précipitation avec laquelle les pouvoirs publics, les employeurs (en l'occurrence ce sont les même pour l'Éducation) s'empressent de pointer la stricte dimension personnelle du geste. Or, "se donner la mort, sur son lieu de travail, n’est jamais anodin et les réponses institutionnelles qui commencent à fuser sont indignes, inacceptables", proteste la Ferc-CGT dans un communiqué. "Combien faudra-t-il de morts au travail, visibles, médiatisées (quand nombreuses sont passées sous silence) au sein de l’Education nationale, pour que le plus mauvais employeur, l’Etat, reconnaisse enfin ses responsabilités en la matière ?" Dans cette affaire, il est inacceptable de mettre l'accent sur un conflit avec des élèves. Car au-delà de fragilités personnelles, ce qui est en cause, c’est la façon dont les enseignants doivent exercer leur travail au quotidien : "intensification, explosion du travail gratuit, valse des réformes, inadéquation des moyens pour remplir les missions, dialogue social aux oubliettes, sous effectif chronique, précarité généralisée, classes surchargées, mépris, non reconnaissance du travail, hiérarchie de plus en plus absente des réalités de terrain, engluée dans la prescription du chiffre, de la rentabilité..." énumère ainsi la Ferc-CGT. Alors que tout le monde reconnaît que le face à face pédagogique est devenu éprouvant, que les établissements sont aussi des lieux de violences, de harcèlement, d’absence de sécurité, de médecine de prévention, de mise en danger régulière de la vie d’autrui… Est-il normal que des centaines de milliers d'enseignants soient privés de toute médecine du travail et de service de prévention? « Dans ce contexte, il est plus que curieux qu’un procureur de la République se permette, avant toute enquête, de dégager toute responsabilité de l’employeur en affirmant qu’il n’y a pas d’infraction pénale », interroge la Ferc-CGT qui rappelle l’obligation de sécurité, de moyens et de résultat pour protéger la santé physique et mentale des personnels. C'est bien de tout cela dont il faudra parler une fois les larmes séchées.
Publicité

Publié dans CGT

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article